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Toucher du doigt le goût du printemps.
Malgré quelques éclaboussures de pluie, le fond de l’air est agréable.
La douceur de vivre chasse la morosité tendrement.
Marcher sans hâte, convalescente, ouvrir ses sens à l’attention. L’attention de la présence, de sa présence. Sentir sa présence et être enfin capable de ressentir les présences extérieures comme amicales.
Oublions notre présence et nous avons peur de tout, chaque stimuli extérieur est une agression. Chaque sollicitation est une épreuve épuisante. L’isolement reste la seule solution, nous tenant à l’écart des bonheurs de vivre ensemble. Souvent la culpabilité sape la tranquillité recherchée dans la solitude. Le piège se referme insidieusement sur nous et telle une peau de chagrin nous devenons sec comme du bois mort.
La vie est en perpétuel mouvement. Le bois mort s’est effrité. Les miettes sont tombées au sol. Piétinées par des ignorants, aveugles avançant avec des oeillères.
Un brin de temps a été nécessaire.
Marcher tendrement et entendre les oiseaux chanter. Un chant doux se propage dans l’air humide et tiède. Souvenirs d’étés heureux, de pêche à la ligne sans hameçon, de contemplation admirative de grenouilles des heures durant, suivi des vols de buse avec leurs cris caractéristiques, la joie de vivre dans la nature, la nature, juste la nature.
Le chant des oiseaux berce mon ventre et mon coeur. Je remercie mes amis. Ils chantent parce que c’est dans leur nature, sans penser au retour à récolter. Ils chantent gratuitement dans un acte de générosité pur. Je suis émue. Merci.