Je me sentais agitée depuis quelques temps, agitée et en même temps extrêmement paisible, en déconnexion avec le monde environnant, je trouvais tout le monde bizarre.
En lien avec personne, même plus moi même.
Il a fallu cette petite aventure pour prendre conscience que j’étais loin très loin de moi.
Quand on est loin de soi, à un moment donné le fil qui vous relie à l’univers, trop tendu, vibrant de mauvaise façon, arrive jusqu’à vous et vous prenez une grosse claque dans la figure l’âme et le corps.
La maladie.
De la fièvre, des maux de dos, des douleurs menstruelles. Un médecin qui hurle car elle ne peut pas toucher mon dos tellement ça me fait mal. Un médecin qui me hurle de me faire hospitaliser. Des petits mots assassins qui ne vous rassurent pas, augmentent le stress et donc le taux d’acidité dans le corps, et contribuent à la propagation de l’inflammation. C’est insidieux ces petites pensées qu’on se ramasse, pensées qui naissent dans la peur. Peur contre peur, me voilà aux urgences.
Jeudi soir. Quelques heures d’attente, au bout de 2 heures je décide de partir, ça ne doit être qu’une grosse grippe, autant soigner ça chez moi et ne pas prendre la place de quelqu’un qui en a besoin. L’agent des services hospitaliers est convaincu que je dois rester, qu’à ma place il resterait vu mon état. Sa réaction ne me rassure pas. Ma peur me fait rester.
4h30 plus tard je suis reçue, fièvre, pouls rapide, par une infirmière qui porte un masque. Elle a la grippe. Elle travaille. Elle m’explique que si elle ne vient pas elle ne sera pas remplacée et que l’équipe sera mise en difficulté. Admirable. Attitude de dévotion qui ne réglera pas les problèmes de sous effectifs tant que les gens accepteront d’être des esclaves modernes. C’est compliqué.
Je suis assise sur une chaise j’ai mal au dos je m’allonge par terre. 4 heures du matin on pose une perf’. Accrochée au brancard, sans me demander mon accord . Echographie quelques heures plus tard. Où est passée mon appendice ? Je dis à l’échographe que je me suis peut être fait opérer mais que je ne m’en souviens plus, en rigolant. Ca ne le fait absolument pas rire. Il m’ordonne de lui dire si je me suis fait opérer. M’enfin, non, j’essaie de détendre MON atmosphère...Ils ne trouvent toujours pas mon appendice. J’ai beau péter pour les aider, ils la trouvent pas. Cachée !!!
Du coup, on passe au scanner. D’accord, mais je ne veux pas d’injection à l’iode. Vous êtes sûre ? Certaine. 2 heures plus tard, après une grosse crise de nerfs, de larmes, de négociation, j’accepte l’injection d’iode. Une personne prend le temps de m’expliquer, comme à un enfant, que voulez vous, je suis comme ça. Elle l’a compris. Une grosse vague de chaleur m’envahit, c’est plutôt agréable finalement ( ne pas penser aux déchets toxiques collés à mon corps ne pas penser...)
Quelques heures plus tard, vous n’avez pas l’appendicite, vous verrez un gynéco. Ah, bon, je peux rentrer alors ! Non non vous allez le voir là. Ah. Des ambulanciers arrivent dans mon box. Que se passe t il ??? Que me vaut tant d’honneurs ??? On vous transfère d’hôpital. Oh purée.
Vendredi soir. Je n’ai toujours pas mangé, qu’une demie petite cuillère de gelée de groseilles à l’acide citrique .
Une échographie pelvienne. Aie. Ouille. Elle va se calmer....Bon on va la refaire à côté. Vous rigolez ? Non, on va la refaire avec le médecin sur sa machine, ce sera plus précis. ET POURQUOI ON N’A PAS COMMENCÉ PAR SA MACHINE ? Ah ben c’est le protocole...Je vais tomber dans les pommes je suis en hypoglycémie ça commence à être très difficile. Allez que je te remets la sonde et que je discute avec l’interne, petit cours d’anatomie, excusez moi mais je me sens très mal là c’est bientôt fini, blablabla...Bon on va vous monter au 2 ème étage. Pourquoi ? Parce que le rez de chaussée ferme.
Bon il va falloir faire un irm. Ok, prenons rdv, je sors et je reviendrai pour l’irm. Non, si vous sortez il faut compter 3 mois, alors que si on vous hospitalise ce sera demain. Mais non c’est pas possible là c’est un cauchemar je vous dis que j’ai la grippe. Ah bon vous avez la grippe , ah ben il va falloir vous mettre en isolement alors. Oui c’est ça isolez moi. Et donnez moi à manger. Ah je ne sais pas si ça va être possible. Ah ben je vais faire un malaise alors, un jeûne de 24 h avec tout ce stress, moi j’ai pas l’habitude. Je mange toutes les 2 heures en temps normal. Purée !
Allez un petit repas. J’accepte d’être hospitalisée pour l’irm. Trithérapie en perfusion ( triple antibiotique, un pour la colère, un pour la paresse et un pour l’ignorance ) Des picotements dans les lèvres les mains les pieds. Dodo. Défoncée.
Au petit matin, mes urines versées dans un bocal en plastique. BIM ! Le bocal explose. Eh oui, je suis comme ça moi, fallait pas me chercher. Une chambre individuelle, des amis m’apportent des affaires, je sens que je vais rester un petit moment...Repas à midi ( ouahou j’adore les pâtes au beurre jamais rien mangé de meilleur aujourd’hui c’est le bonheur de manger ) Allez on vous descend chez le médecin ! Euh bon ben d’accord...assise sur une fauteuil. J’ai mal au dos. J’ai la grippe. Oui, oui.
Petite échographie pelvienne. Ca m’apprendra tiens. 3 en 12 heures. Compliqué pour mon esprit d’accepter ça. Je ne rentrerai pas dans les détails. Ceux qui ont vu the Danish Girl pourraient comprendre. J’explique mon trouble au médecin, qui me dit qu’elle ne peut rien faire pour moi. Absolument pas en phase avec tout ça. Bon je pleure un peu parce que faudrait prendre le sensible au sérieux un peu. Je vous dis que j’ai la grippe et mal au dos et des douleurs menstruelles pourquoi vous vous acharnez comme ça. Retour dans la chambre.
Et mon irm ? Ah ben on ne fait pas d’irm en urgence pour ça ! ( ..................... )
Ok pas d’infection à priori il semblerait que vous ayez la grippe associée à des douleurs lombaires et menstruelles. NOOOOOOOON ! Sans blague !!! Vous avez trouvé tout seul ? Chapeau ! On vous renvoie aux urgences de l’autre hôpital.
PARDON ?
Re petit tour d’ambulance. Peut être une infection sur une vertèbre. Mais non. Relisez le rapport du scanner il n’en parle pas. Comment vous le savez ? J’ai fouillé dans mon dossier à un moment donné faut arrêter de délirer les gars.
Samedi 22h30. L’inflammation se réduit de façon cinétique, plus de fièvre, relecture du scanner, vertèbres ok. 14 jours d’antibiotiques. La 1ère semaine je n’ai plus de forces, je peux à peine marcher, je pleure tout le temps, des cauchemars horribles, brûlures d’estomac, nausée, pensées dérangeantes, crises d’angoisses.
Une amie m’apporte des courses et me dit que c’est dur pour elle, de me remuer, qu’elle décide d’être celle qui me met un coup de pied au cul car je vais mourir si je continue, que c’est limite irrespectueux pour elle que je ne lui souris pas. HORS DE MA VUE. Tu me stresses, tu dégages.
Bonjour docteur je crois avoir des effets secondaires. Mais non c’est l’infection, continuez. Bon. J’ai perdu 3 kilos en une semaine. L’infection n’est pas diagnostiquée. Pas grave, continuez les antibiotiques. Un ami me fait une séance de reflexo plantaire. Ca me sauve. Je retrouve l’énergie de prendre ma vie en mains. Je retourne à l’hôpital parler des effets secondaires. J’attends 2 heures. Je signe une décharge et je pars. N’en parlons plus. J’arrête les antibiotiques.
Ce matin je rappelle mon médecin traitant qui me hurle que ça va être 4 fois pire maintenant. elle me raccroche au nez. Re stress. Je recontacte l’hopital. Grippe résultat positif. Prélèvements gyneco tout est ok. Je rappelle mon médecin, je ne veux plus subir vos cris et être stressée par vous. Changez de médecin traitant ça ne me dérange pas vous me faites peur. HORS DE MA VUE. Tu me stresses, tu dégages.
MORALITE :
il n’est plus question de composer avec les éléments de stress, tu me stresses tu dégages.
On se fait du bien tout va bien. J’écoute ma petite voix.